En Suisse, le 29 septembre dernier, la loi sur les jeux d’argent a été révisée par le Conseil National et le Conseil des Etats. Parmi les changements imposés par cette nouvelle loi, le Parlement interdit aux casinos étrangers de proposer des jeux en ligne aux citoyens suisses. Seuls les établissements suisses ont donc le droit d’offrir ce genre de service sur le territoire. 

Suite à cette révision de la loi sur les jeux d’argent, plusieurs partis politiques suisses se prononcent contre cette décision qu’ils jugent « paternaliste » et « dangereuse » pour la liberté économique et de l’information. En effet, selon le communiqué d’Anaïs Grandjean – co-présidente du comité en charge de la lutte contre la censure et le verrouillage d’internet et membre du parti Vert’libéraux– c’est une manière pour les Chambres de dicter aux Suisses les sites qu’ils peuvent consulter. D’autres partis contre cette loi comme les jeunes UDC et les Jeunes Libéraux Radicaux font front uni en vue d’un référendum pour son retrait définitif. 

Alors que l’accès à internet est aujourd’hui entièrement libre en Suisse, l’application de cette nouvelle loi constituerait une régression pour les Helvètes puisqu’elle ne possède aucun fondement économique réel. Au contraire, il s’agit d’une mesure protectionniste pouvant nuire à la compétitivité des opérateurs locaux face à la concurrence étrangère. Soutenue par les cantons et les casinos suisses, la loi sur les jeux d’argent représente également une réelle menace pour d’autres secteurs qui peuvent faire l’objet d’une mesure similaire sous prétexte d’une protection des intérêts du pays. En d’autres termes, la censure envisagée dans le domaine des jeux en ligne en Suisse pourrait conduire à des censures dans d’autres domaines comme la musique et les films selon le président des Jeunes Verts, Luizian Franzini. 

Un mouvement contre la censur d’internet

Outre les partis politiques composant le Comité contre la censure et le verrouillage d’internet, un comité économie numérique et un comité parlementaire – présidé par le conseiller national Philippe Nantermod du PLR/VS – se sont également ralliés à cette cause par leur engagement pour la réussite du référendum. Pour les défenseurs de l’économie numérique, le verrouillage d’internet pour certains sites de casinos en ligne étrangers peut affaiblir la lutte contre la cybercriminalité puisque cela inciterait les Suisses à se tourner vers des programmes leur permettant de contourner ce genre de problème. De plus, cette loi sur les jeux en ligne représente aussi une menace pour « le pôle helvétique de recherche et de start-up » selon l’avis de Jean Marc Hensch, directeur de l’association économique pour la Suisse numérique.

Tous les détracteurs de cette loi donc se mobilisent pour obtenir jusqu’au 18 janvier 2018 les 50 000 signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum. Si celui-ci aboutit, ce sera au peuple Suisse de se prononcer sur cette loi d’ici le mois de juin 2018. À noter que depuis la mise en place des comités référendaires, d’autres entités les ont soutenus dont entre autres l’Internet Society Schweiz, le Parti Pirate et le Chaos Computer Club.