Il n’y a plus de doute possible : Barrière souhaite tenir une place centrale dans l’univers des jeux en ligne d’ici quelques années. Le groupe a en effet annoncé le rachat de 60% du capital de Nolaroads, agence spécialisée dans la transformation digitale et les applications. Une décision logique après de premiers résultats encourageants sur mobile.

Des débuts prometteurs

Ce rachat de Nolaroads fait suite à une collaboration qui dure depuis bientôt deux ans. Cela avait commencé par une refonte intégrale de ses sites internets réalisée en vue de toucher un public plus jeune (les fameux « Millenials »).

Mais l’événement décisif fut sans doute la création en octobre 2016 de l’application mobile « Barrière Pocket casino ». Cette appli gratuite est composée de deux jeux : Fruity Slot (une machine à sous), et Blackjack Mousquetaire (un Blackjack romanesque et enrichi de défis). Elle permet également à la firme de fidéliser sa clientèle en prolongeant son expérience en dehors des établissements et en lui offrant de vrais cadeaux à retirer en casino.

En un peu moins d’une année, l’application a déjà été téléchargée plus de 40.000 fois. Une belle réussite qui semble avoir orienté le groupe.

Tourner la page du poker en ligne

En tout cas, cette application aura eu le mérite de faire oublier une mauvaise expérience passée. En 2010, Barrière avait déjà tenté une immersion dans le monde du jeu d’argent en ligne. Le groupe s’était allié avec la Française des jeux pour créer LB Poker, opérateur agréé de Poker en ligne.

Mais ce fut un échec cuisant. BarrièrePoker.fr, le site issu de cette union, n’avait pas réussi à s’imposer face aux indétrônables Winamax, PokerStars, et Bwinparty. Une seule solution, la fermeture pure et simple de la plate-forme seulement trois années plus tard. «L’entreprise tire les enseignements d’un marché internet sensible à la conjoncture économique», avait sobrement déclaré l’opérateur.

Barrière de plus en plus séduit par le virtuel

Cette mésaventure n’aura pas refroidi le groupe Barrière bien longtemps. Sans doute en a-t-il tiré des « enseignements »… Mais l’envie de conquérir de nouveaux marchés grâce au virtuel se fait toujours sentir.

«Le jeu sous toutes ses formes est un métier en forte progression. Acteur dans le segment des casinos, nous avions identifié un premier relais de croissance avec l’e-sport. Aujourd’hui, nous en avons un deuxième avec les jeux mobiles», a déclaré Sylvie Joly, directrice marketing Casinos de Barrière, aux Échos. L’annonce du rachat intervient en effet peu après une entrée remarquée dans le monde de l’e-sport en partenariat avec Webedia, l’un des mastodontes du milieu.

Concernant les jeux mobiles, un nouveau titre a d’ores et déjà été annoncé pour la fin de l’année prochaine. Et ce n’est qu’un début ! Barrière souhaite produire toute une gamme de jeux mobiles gratuits pour la France et l’étranger. Le groupe pourra-t-il tenir une position aussi centrale dans le monde virtuel que dans le réel ? Seul l’avenir nous le dira.